L'hyperprésidentialisation franchit une nouvelle étape

Le Parlement français réunit en Congrès a voté, à une voix près, le projet de réforme de la Constitution.

Sarko_2  Le Parlement qui, depuis une année se voit méprisé, bafoué et martyrisé par le Président de la République, lui a pourtant accordé majoritairement sa confiance.

La quasi-disparition du rôle du Premier ministre n’a pas eu besoin de modification de la Constitution, des projets annoncés par le Président lui-même sans consultation du Parlement, voilà dans les faits toute la considération qu’il porte à la représentation nationale.

Si, comme le prétendent les leaders de l’actuelle majorité, cette modification revêtait une telle importance, pourquoi ne pas avoir donné la parole au peuple par voie référendaire ? Sans doute avaient-ils peur de son jugement.

De fait, de ces maigres modifications, les français retiendront que le Président de la République aura une tribune supplémentaire. En revanche, ils ne manqueront pas de remarquer l’absence, malgré les promesses présidentielles, d’inscription dans la Constitution du droit de vote des résidents étrangers. Quant à lui, le mode de scrutin proportionnel se voit renvoyé sine die.

Si nous avions estimé qu’il s’agissait d’un pas, même mineur, vers un rééquilibrage des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, nous aurions pu avoir un regard différent. Mais, l’année écoulée, le comportement du Président et de son gouvernement, démontrent à l’évidence que l’hyperprésidentialisation vient de franchir une nouvelle étape.

Contrairement aux déclarations de la majorité, cette réforme constitutionnelle n’est pas la dernière. C’est bien d’une toute autre Constitution dont la France a besoin, pour rapprocher les citoyens de leurs institutions.

Le ministre du travail autorise le licenciement d’un salarié de STMICROELECTRONICS de Tours, délégué syndical.

Dans le droit fil des orientations du Président de la République, le ministre du travail Xavier Bertrand donne un signe fort aux entreprises tourangelles en autorisant le licenciement qui avait été en premier lieu refusé par l’Inspection du travail de Tours.

Message également aux salariés tourangeaux : vous n'avez droit à aucune erreur, vous n'avez que celui de travailler toujours plus !

Pourtant le mécontentement grandit, les actions dans les entreprises se multiplient sur les questions de salaires, de dégradation des conditions de travail, pour des refus de licenciements abusifs.

Deux exemples :

- RECIPHARM à Monts, une trentaine de salariés manifestent leur opposition à un licenciement abusif .
- SKF à St-Cyr où les salariés ont marqué également leur opposition aux licenciements abusifs dans l’entreprise, notamment celui d’une salariée chargée de la sécurité.

Intervention de Dominique Touraine lors de l'installation du premier conseil municipal le dimanche 16 mars 2008.

Monsieur le Président de séance,

Mon Cher Jean-Jacques,

Mes Cher-ères Collègues,

Mesdames, Messieurs,


Vous connaissez mon engagement ces sept dernières années au sein de la municipalité de Montlouis-sur-Loire, fondé sur des valeurs d'humanisme, d'universalisme et de solidarité, mises au service de la population de notre ville.


Cette fidélité à mes idées communistes n'est pas remise en cause avec ma participation au sein de la liste de gauche et d'ouverture, liste qui vient brillamment d'être élue dimanche dernier, dès le premier tour des élections municipales. C'est tout naturellement que j'ai accepté, avec mes amis communistes et républicains, d'y participer et, ce, pour plusieurs raisons.


La première d'entre elles tient au fait que la gauche gère notre commune depuis plus de trente années, précisément depuis 1977 avec l'élection de notre amie Henriette Fouchier, présente dans cette salle et que je tiens à saluer ici. Je pense également à toute l'équipe, communistes - avec une pensée particulière pour Lucette Chapeau -, socialistes et hommes et femmes de progrès, qui jetèrent les bases de ce Montlouis moderne que nous continuons à aimer et à transformer pour toujours mieux répondre aux besoins de ses habitants.


Le deuxième raison tient au fait que je mets toutes mes forces au service du rassemblement et non de la division. Par delà les différences d'approches et de sensibilités, je suis intimement persuadé qu'il est possible de travailler ensemble dans le respect, en s'enrichissant mutuellement de nos idées et de nos expériences, pour le bien commun et avec la confiance de la population.


Enfin, troisième raison que je tenais à souligner, nous travaillons bien. Cette expérience, le fait d'être non seulement à l'écoute mais au plus près de nos concitoyens constitue un précieux atout au moment où chacun sait bien que nous allons vers des difficultés et un avenir incertain.


Je veux parler ici, bien entendu, des conséquences du désengagement de l'Etat dans de nombreux domaines et du transfert du poids de la fiscalité vers les habitants, c'est à dire qu'il ne sera plus adossé aux revenus. Certes, le système actuel demeure malgré tout le plus juste,  même s'il n'est pas parfait car  trop de revenus hors travail ne contribuent pas à l'effort collectif, lequel est surtout porté par le monde du travail. A l'inverse, déconnecter l'impôt des revenus, au profit du lieu d'habitation, constituerait une source d'inégalités et d'injustices incroyables.


Dans une France ou la majorité politique actuelle veut moins d'Etat, cela signifie moins de services publics et moins de solidarités.


Nos collectivités locales vont devoir porter plus de compétences pour pallier les déficiences d'une solidarité nationale mise à mal. Bien évidemment, nous le ferons, ici, sachant pertinemment que l'Etat ne nous suivra pas financièrement.


C'est là où le libéralisme à tout crin et la financiarisation de la société veulent nous obliger à choisir entre une diminution des services ou une augmentation des impôts locaux. Nous refusons cette fausse alternative.


Nous voulons résister, nous refusons un monde où l'on est mis à contribution en fonction de l'endroit où l'on habite et non plus en fonction de ses revenus. C'est le système de péréquation qui a permis à notre pays de développer la solidarité et les territoires.


Aujourd'hui, chacun connaît les limites de notre bien collectif, notre planète. Les menaces qui planent sur l'environnement constituent une autre incertitude. Là aussi, une autre volonté politique est à mettre en œuvre, qui mette en accord ses paroles et ses actes. Cette dimension, nous l'avons fait nôtre à Montlouis-sur-Loire, apportant notre pierre à l'édifice commun.


Vous le voyez, il est nécessaire de nous unir dans une résistance qui donne de l'espoir et un avenir à nos enfants et petits-enfants, en cultivant des pratiques démocratiques au plus proche et avec les citoyens. Cet engagement, avec mes amis, nous le prenons devant vous à l'aube de ce nouveau mandat.


Mon Cher Jean-Jacques, si tu me le permets, je voulais te dire que tu pouvais compter sur les élus communistes et républicains pour poursuivre le travail entrepris.


C'est tout naturellement, avec mes amis Annie Carasco, Céline Debourg et Gilles Rémond, que nous soutenons ta candidature au poste de maire de Montlouis-sur-Loire et que nous appelons nos collègues à porter leur suffrage sur ton nom.


De la même façon, en anticipant quelque peu sur le déroulement de la séance - ce qui m'évitera de reprendre la parole -, nous voterons pour la liste des adjoints qui sera présentée après ton élection.

Je vous remercie.